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Interview Bruno Jotrau et Alexandre Cattin

Bruno JOTRAU, président du CEECA depuis Janvier 2009 et Alexandre CATTIN, président de la commission formation du CRO, et donc responsable du CEECA répondent à nos questions au sujet des objectifs du CEECA dans les années à venir. Un discours clair pour des objectifs réalistes et ambitieux.

1) Quelle place faut il accorder à la formation dans la gestion d'un cabinet ?
Je suis convaincu que la formation dans un cabinet d'expertise comptable tient une place prépondérante pour plusieurs raisons.
La réussite du cabinet tient, entre autres, en sa capacité à conseiller ses clients avec efficacité et une grande justesse dans les informations transmises. Pour cela, il devra faire preuve d'anticipation, en étant toujours en veille sur l'actualité et en suivant les formations qui lui permettent de décrypter celle-ci.
La formation permet de spécialiser les collaborateurs, je pense par exemple au service social dans les cabinets.
N'oublions pas qu'elle permet également une mise à jour des connaissances.
Un client satisfait des conseils avisés de son expert-comptable et du savoir-faire technique de ses collaborateurs sera un client fidèle.

2) Que peuvent attendre les confrères de la certification récente du CEECA (Norme iso 9001, et Norme NF service 214 formation continue) ?
C'est la validation d'une reconnaissance d'un professionnalisme auquel j'attache d'autant plus d'importance, qu'il a été reconnu par un organisme extérieur à la profession. Les confrères ont ainsi l'assurance de bénéficier d'une organisation performante.

3) Quels sont les objectifs qualité du CEECA ?
Je mettrai en avant 3 objectifs principaux.
Le premier est que le CEECA se doit d'être très présent et disponible auprès des cabinets pour les informer et les assister dans la gestion de leur plan de formation. Des objectifs de visites, de réunions, et de missions ont donc été clairement définis avec les collaborateurs du CEECA.
Afin que les choix des cabinets en matière de formation se concrétisent, le CEECA s'est engagé sur un objectif de réduction des annulations, et quand c'est inévitable (contraintes pédagogiques ou économiques), il doit proposer au moins dans 75% des cas des solutions alternatives.
Enfin, le CEECA travaille à une offre de proximité en programmant un nombre significatif de sessions en dehors de Bordeaux. Des objectifs très précis sont poursuivis avec l'appui de notre conseillère en formation qui œuvre dans les départements 64 et 40.

4) A votre avis, en cette période complexe que nous vivons, vers quoi orienter les compétences du cabinet au regard des difficultés des entreprises ?
Le CEECA a été réactif. Il a programmé un ensemble de séminaires cohérent en trois volets. Le premier, avec la collaboration de mandataires judiciaires, propose des clefs pour accompagner au mieux les entreprises qui sont contraintes de recourir à des procédures collectives. Le deuxième aborde l'aspect social et enfin le troisième la gestion prévisionnelle et la gestion de trésorerie sur le court terme.
Dans ce contexte de crise, les cabinets doivent affirmer leur rôle citoyen. Cette stratégie garantit leur utilité auprès des entreprises. Il convient d'accompagner les dirigeants en dispensant des conseils avertis. Dans ce cadre, la formation s'avère de nouveau un outil prépondérant, anticipatif et accompagnateur.

6 Que peut-on penser du décret relatif aux obligations des commissaires aux comptes et son impact sur la gestion de la formation ?
Ces dispositions apparaissent comme une avancée en matière de formation continue.
Cette réforme donne un cadre clair et conforme à la législation internationale et européenne.
Ce nouveau texte permet aux confrères de remplir les obligations de formation d'une manière réaliste : le quota intégrant notamment les réunions techniques proposées par les institutions.

7) Quelles sont les principales orientations de la nouvelle offre de formation du CEECA ?

Les grandes tendances de cette offre sont les suivantes :
- un niveau plus élevé de séminaires en fiscalité et en droit avec des domaines très spécifiques proposés,
- une orientation nette vers la gestion de patrimoine avec une offre assez détaillée en la matière,
- des séminaires plus denses et plus précis sur la vente des missions, la gestion de la relation client, et l'efficacité personnelle,
- de nombreux séminaires dans le domaine de la paie et du social pour répondre à une demande permanente des services spécialisés des cabinets,
- un redéploiement de l'offre relative aux associations,
- la maintien de cycles et de formules d'abonnements qui permet de proposer une continuité aux collaborateurs des cabinets dans le renfort des compétences et le suivi de l'actualité.


8) Le CEECA vient d'ouvrir un bureau à Saint Paul les Dax. Quels services peuvent attendre les cabinets des Landes et Pyrénées Atlantiques ?
Le Conseil Régional de l'Ordre prône
une politique de proximité et de services auprès des confrères et du personnel des cabinets. Il nous a donc semblé nécessaire de recruter une conseillère formation pour les Landes et les Pyrénées Atlantiques. Elle est basée à Saint-Paul-Lès-Dax. Ses missions vers les cabinets de ces régions sont nombreuses. J'en citerai au moins quatre : des visites au sein des cabinets, l'aide au montage de plans de formation, le renforcement de la coordination avec la C.R.C.C. de Pau, l'assistance des élus de la profession pour les aider dans l'information des confrères.

9) Le CEECA, pour enrichir son offre, a ouvert de nombreux partenariats avec d'autres centres de formation. Quels sont ces partenaires et quels sont leurs apports ?
La demande d'expertise sans cesse exprimée par nos consoeurs et nos confrères, amène le CEECA à chercher des formations pointues et spécifiques. Cela nous a conduits à faire appel aux compétences d'autres centres de formation. Ainsi, par exemple l'UNECA pour l'agricole, Francis Lefebvre Formation pour le juridique et le fiscal, le GICFO et l'AFIB pour le développement des compétences transversales, AUDILANCE pour l'audit des systèmes d'information, Juris-Association pour les spécificités du secteur non marchand.
Nous devons être des spécialistes. Se spécialiser me paraît indispensable. La concurrence est réelle, je fais ici référence aux avocats en droit fiscal par exemple.

10) Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur pour ce mandat en matière de formation ?
La priorité de mes priorités c'est la proximité. Le CEECA doit accentuer la décentralisation des formations. Parallèlement, il doit permettre aux cabinets de digérer l'inflation des textes et faire face à celle-ci grâce à des formations ponctuelles qui collent à l'actualité.
J'ai demandé aux équipes du CEECA de travailler sur des propositions destinées aux jeunes confrères qui s'installent aujourd'hui dans un contexte particulièrement difficile. Leur démarrage peut se révéler complexe. En début d'activité, leurs compétences souvent spécialisées ne peuvent pas être valorisées faute d'occasions de les mettre en œuvre. Ils risquent de perdre, au fil du temps, certains acquis. Le CEECA doit proposer aux jeunes un dispositif pour maintenir des compétences essentielles et dans des conditions matérielles abordables. A ce titre, le CEECA étudie une offre de diagnostic pour le maintien des compétences.
J'en profite pour rappeler qu'il existe depuis plusieurs années, une réduction de 25 % sur le prix des séminaires pour les consoeurs et confrères inscrits au C.J.E.C.